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25.3.2011 par Sar Rabindranath Duval.
Le Panthéon de l’âge d’or se referme sur Hollywood avec la disparition de la sulfureuse Liz… L’occasion de découvrir “La chatte sur un toit brulant” longtemps resté au rayon des œuvres à voir pour faire chic et cultivé. Passionnant d’intensité (le scénario), à peine désuet (le jeu des acteurs), même si la chatte parait bien terne face à Paul Newman et à Burl Ives qui dévastent tout sur leur passage, bons sentiments, valeurs de l’argent, du travail, de la famille, de l’honnêteté, de la confiance et de l’amour… Bref un film américain bien improbable dans le Hollywood d’aujourd’hui.
Aujourd’hui on enterre une image, une icône, un symbole… Cléopâtre est éternelle.

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22.3.2011 par Sar Rabindranath Duval.
Bonjour, je m’appelle Roussos. Bien sûr que vous me connaissez, j’ai trimbalé ma djellaba et ma barbe sur tous les plateaux ! Ah oui, vous êtes trop jeunes… si vous m’aviez vu à l’époque ! Chez les Carpentier, chez Guy Lux et chez le petit Drucker… Je faisais se pâmer toutes les minettes avec ma voix d’ange et mes textes désespérément désespérés, tantôt en Français, tantôt en Grec, souvent en Anglais.
Aujourd’hui je remonte sur scène, le public est énorme, la scène… majestueuse, l’orchestre… grandiose, je reconnais quelques visages du passé dans ce couloir qui me mène vers la lumière comme disait… je sais plus qui. Mon tabouret m’attends sous la poursuite et je commence mon tour de chant, 3, 4 chansons, je ne sais plus trop, je n’ai même pas besoin d’y penser, je suis en mode ‘automatique’, mais qu’est-ce que je fous là ? Vite, retour à ma loge, mon hôtel m’attends, tiens j’ai oublié de regarder le public qui applaudissait, ils semblaient contents de me voir, ou alors ils attendaient la suite. Moi je n’attends plus rien.
Quelle chance d’être là ! Faire un tube énorme c’est comme être propulsé au septième ciel ! On vit dans les paillettes 24h/24, notre nom est sur toutes les lèvres, on nage dans le champagne, on rencontre le tout Paris sans comprendre leurs sourires goguenards… Las, pas de parachute pour la descente. Retour sur Terre, retour au quotidien blafard, aux cachets minables, aux salles polyvalentes, aux inaugurations d’hypermarchés, de supermarchés, de supérettes… Mais nous on a trouvé notre fontaine de jouvence et chaque fois que l’on se retrouve face à face pour crier ‘besoin de rien, envie de toi’ on voit les spotlights briller dans nos yeux, on re-décolle avec le public conquis d’avance.
Je sens bien le flottement dans le public quand Christian Morin annonce mon nom : ‘Et maintenant… Michel Orso’, heureusement qu’il a cité ‘Angélique’, LE tube de l’année 66, mon quart d’heure de gloire en somme. Depuis, de cabarets en cachetons j’ai intégré les indémodables de Bécaud pour garnir ma prestation. Ce soir dans cette salle, j’ai environ 100 fois plus de spectateurs que d’habitude… Je sais qu’il ne sont pas là pour moi, je sais qu’ils ont déjà oubliés mon nom, mais pendant 7 minutes 30, j’ai vécu !
Je suis la voix la plus connue de France, Arditi essaie bien de me voler le leadership dans le doublage de documentaires animaliers, mais dès que j’ouvre la bouche tout le monde crie ‘Europe numéro 1′ ! Ce que je préfère ce sont les bouches bées et les regards dans le vague dès que j’embouche ma clarinette…
Je ne sais même pas si ils se souviennent de ma tête ! Ils connaissent toutes mes chansons, interprétées par Enrico, Joe, Régine, Sheila, Dalida et bien d’autres. Mais celles que je préfère je les ai données à Serge Lama. Tiens public ! ‘Je suis malade’ mais je viens me soigner à ta DHEA… Bons baisers d’Alice au pays des merveilles.
Mais pourquoi j’ai accepté cela ? Délaisser ma belle province pour venir servir un blues aux maudits français ! Comme si je n’étais définitivement voué qu’à ‘vouloir être un artiste’, enfermé dans un bureau en haut d’une tour d’où je ne contrôle plus rien…
Bonjour, je ne fais que passer, dans un tourbillon de paillettes, de chapeau à fleur, de boa emplumé, de coeur énorme ! Je laisse parler Tata Yoyo, la bonne du curé et Dolly avant de m’envoler vers une autre aventure, une autre planète… toute rose, emplie de rires d’enfants et de bonheur en barbes à papa.
Je suis la star de ce spectacle, j’ai eu raison de demander le plus gros cachet ! Le public n’attend que moi, mon visage buriné à la Delon, ma voix dont la suavité enrobe les bonbons italiens qui font mon répertoire. Je vois se trémousser devant la scène toutes les filles de mon âge, mon dieu qu’elles sont laides et vieilles ! Moi je fais le show, mon trois pièces me serre bien un peu à l’abdomen et je devrais surveiller cette main qui ondule comme celle d’Albin Mougeotte… Mais ma voix est toujours là, puissante et enchanteresse, elle chavire les cœurs et tire les larmes de l’auditoire. Après moi la messe est dite ! RIDEAU.
(A suivre)(ou pas…)

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7.3.2011 par Sar Rabindranath Duval.
Lundi 7 mars 2011, Le Grand Journal de C+ a eu la bonne idée d’inviter Béatrice Dalle et rien qu’à l’évocation de son nom, des images de 37°2 me traverse l’esprit… damned la réalité est terrible et ni la silhouette ni l’esprit de mes souvenirs ne sont au rendez vous ! Heureusement elle est devenue complètement transparente à l’arrivée de l’extra-terrestre de la musique française, le Boris Vian chantant, l’éternel adolescent de Dole, le monstre de talent que je vois pour la première fois dans la lucarne…
Au début des années 80 je découvre le hard rock et les concerts dans la bonne ville poujadiste de Dijon (21). Alors bien sûr tout le monde ne bénéficie pas des clés de la ville et les vilains se voient refuser l’accès à la minable et unique salle qui accueille les concerts : le palais des sports. Par exemple à AC/DC on dit que leur cloche est trop lourde et qu’ils veuillent bien aller la faire sonner chez les zazous. Et puis un autre est déprogrammé et prié d’aller voir à Auxonne (21) si on veut bien de la fille du coupeur de joint. C’est donc dans une salle prévue pour trente personnes et où, par un prompt renfort, nous nous nous vîmes trois mille (mes souvenirs sont un peu flous et j’ai arrêté de compter à 300…) que je suis initié au Graal de la chanson française ! HFT ça fait un peu marque coréenne mais ça envoie du gros quand les dingues et les paumés expliquent la philosophie du chaos !
C’est à lui que je veux ressembler à 64 ans ! Ces yeux magnétiques vous percent jusqu’à l’âme et l’écran cathodique rend très mal son aura de Bowie, son malaise devant les caméras qui ne l’ont jamais comprises, jamais percées à coeur, jamais captées la flamme qui l’éclaire de l’intérieur et qui rempli Bercy pour son cour de mathématiques souterraines.
Bon moi je n’irai pas plus loin ! Je tiens ma tête entre mes mains, Guignol connait pas de sot métier !

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